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Here by my side, you are destruction [Alex]
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HIGH LADY OF THE NIGHT COURT

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Message(#) Sujet: Here by my side, you are destruction [Alex] Ven 31 Juil - 21:39

La nuit, elle revoyait encore Noah qui – ayant un sens très sûr des rapports sociaux – avait déjà compris que jouer de son charme avec Shea était une arme fastidieuse. Il l’observait plutôt, étendue sur son lit par un dimanche après-midi pluvieux à Oxford, en train de feuilleter tous les livres qu’elle avait pu trouver à la bibliothèque sur la dynastie des Lagides. « J’écrirais des atlas de ce genre, moi aussi. » avait-elle annoncé d’une voix tranquille, comme si elle énonçait une évidence tant elle était certaine d’avoir un brillant avenir devant elle. Puis, brandissant un livre du grand Carl Jung, elle avait ajouté : « Et toi, tu seras comme lui ! » La chambre de Noah était le seul espace que la manie historiciste de Shea avait épargnée puisqu’elle était sobrement aménagé comme celle d’un étudiant lambda. Des choses auxquelles elle n’avait plus aucun moyen de penser, jamais. Ils étaient accroupis dans la saleté d'une contrée sinistre et buvaient de l’eau d'une bouteille écrasée qu’ils filtraient à travers un chiffon. Elle avait aussi vu sa soeur, allongée sur une planche dans une morgue et s’était réveillée terrorisée. Ce qu’elle pouvait supporter à l’état de veille, elle ne le pouvait pas la nuit et elle s’asseyait ou s'éloignait des autres un moment, mais restait éveillée de peur que le rêve ne revienne.

200 pas si tout va bien… songea-t-elle en faisant un rapide tour d’horizon avant de se cambrer en avant, tâtonner le sol sous ses pieds et masser furtivement ses cuisses. Au bord de la route, à ses côté, une pancarte mettant en garde contre un danger de mort, les lettres presque effacées au bout de tant d’années. Elle souriait presque. Au loin, leur campement. Elle pouvait discerner malgré les mirages et la faible lueur du jour les squelettes encore endormis de ses compagnons. Dépouillés de la moindre miette. Les nuits étaient mortellement froides et d’un noir de cercueil et la lente venue du matin se chargeait d’un terrible silence. Comme une aube avant une bataille. La peau de ses compagnons étaient de la couleur d’une bougie et presque transparentes. Avec leurs grands yeux au regard fixe, ils avaient l’air d’extraterrestres, ou d'âmes errantes au purgatoire. Elle courrait pour rester éveillée et oublier leurs yeux fixes. Entretenir le peu de muscles qui lui restaient et oublier, un peu. Le soleil s’élevait lentement derrière elle. Elle observa sa montre, une lente traînée de sueur perlait sur son front et dans son dos et lui offrait un peu de répit à son corps embrasé par son entraînement. Une longue inspiration, le torse bombé, un pied en avant, et elle était déjà repartie.

L’un d’entre eux était éveillé, et Shea essayait de ne pas songer à l'image funeste qu'elle avait d'eux et qu’ils étaient en train de devenir. De retour près des tentes, et croisant le regard de l’italienne, Shea retira immédiatement les mains de ses hanches, à bout de souffle. « Quoi? Il faut bien que je m’entraîne… » anticipa-t-elle d’une voix maladroitement agressive. Elle avait déchaussé les baskets vieillies par le temps et couvertes de boue séchée, dont la semelle de l’une d’entre elle était sauvagement ravagée avant de déplier sur elle une couverture et de s’asseoir sans quitter Alex des yeux, encore tremblante des efforts qu’elle venait d'accomplir. Elle l’imaginait encore, en créature au sortir d’un camp de la mort. Affamée, épuisée, malade de peur. Elle aurait voulu se pencher et lui donner un baiser mais se releva instantanément et alla faire les cents pas autour du bois cramoisi et des braises de la veille et inspecta les alentours pour s’assurer qu’ils étaient en sécurité. Shea revint s’asseoir à côté d’Alex et se concentra sur les pieds nus et noircis de la petite que la couverture pouvait à peine couvrir. Derrière ses paupières closes, elle ne se doutait probablement pas des doutes qui terrassaient Shea, ni ses parents. Elle déplia sa couverture sur la petite et resta un moment indécise. Jeune femme tragique, au plein sens du terme : agissante mais sachant son destin à la merci des Prototypes ; ballottée chaque jour entre terreur et espoir fou, mais tenant tête obstinément à la fatalité, reconnaissant sa force mais lui opposant à chaque instant ce qu'elle avait de meilleur. Le bouleversement de la face du monde la changea plus qu’elle n’aurait espéré. Elle fut prête à prendre la fuite lorsqu'en se redressant, ses phalanges frôlèrent la main d'Alex.



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Message(#) Sujet: Re: Here by my side, you are destruction [Alex] Dim 2 Aoû - 1:03

L'immensité du vide la teintait encore d'un soupçon d'angoisse presque imperceptible pour sa conscience. C'était une gêne dans son ventre, une toute petite torsion qui s'expliquait bien vite par la faim, mais qui était au fond tellement plus compliquée. Après être resté pendant trop longtemps enfermée, Alex peinait encore parfois à se faire à ce nouveau territoire sur lequel elle déambulait. Là où la nature pullulait, c'était un peu plus facile à vivre, mais le mieux aurait encore été de retrouver les structures mortes de la civilisation. Tout pour ne pas se trouver dans ce désert impitoyable où l'horizon semblait sans fin. Elle poussa un long soupire et se redressa. Le sommeil serait maintenant introuvable, elle pensait trop. Par habitude, elle fouilla son sac pour sortir une feuille et une pincée de tabac – le strict minimum – pour se confectionner une cigarette. Ses doigts roulaient habillement le tube pendant qu'elle balayait ses compagnons des yeux. Immédiatement, elle repéra le corps manquant et jeta un regard autour d'elle. La torsion dans son ventre se resserra un peu, mais elle n'eut pas l'occasion d'évaluer la réaction de son corps. Shea avait tout de suite été retrouvée. L'italienne l'observa revenir d'un œil vide, sa langue passant rapidement sur le papier pour terminer le travail. Avant même qu'une étincelle de reconnaissance n'ait pu s'allumer dans ses yeux ou simplement que son esprit ait formulé une pensée, l'anglaise sortit les griffes. Alex arqua un sourcil, pas vraiment surprise par le traitement qu'elle recevait. Elle haussa les épaules avec peu d'énergie et se pencha pour plonger le bout de sa cigarette dans les braises de leur feu, ignorant la chaleur désagréable qui agressa sa peau.

« Tu t'épuises pour rien. »

Elle porta le minable tube à ses lèvres et inspira une longue bouffée qu'elle apprécia tranquillement en suivant les faits et gestes de Shea du regard. Elle parlait, mais elle comprenait l'esprit qu'elle supposait être derrière cette volonté de faire de l’exercice. Il s'agissait plus d'une constations que d'une critique. S'entraîner n'était pas une question de survie. C'était quelque chose que l'on faisait lorsque l'on sortait un peu de cet état car le geste était profondément ancré dans l'avenir et non dans le présent absolu où chaque instant pouvait vous arracher à la vie. Comprendre ne faisait pas tout néanmoins. Alex contempla quelques instants l'Anglaise.

« Et puis t'entraîner pour quoi ? »

Sa question s'était faite enterrée par le trop plein d'amertume dans sa voix et, pourtant, il y avait une curiosité réelle derrière cette volonté de formuler les mots qui se formaient dans sa tête. Shea était aujourd'hui comme une pile électrique et un sourire amusé dansa sur la bouche de l'italienne sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi. Elle inspira encore un peu de tabac et continua son observation silencieuse. Elle aimait observer. Plus encore, elle aimait observer la brune. Il y eut un soupçon d'incrédulité dans ses yeux quand elle l'a vit auprès de la gamine qui les accompagnait, si soucieuse et pourtant si perdue. Elle peinait à comprendre certaines facettes de l'anglaise, mais, malgré le ridicule qui transpirait pour elle des situations qu'ils vivaient parfois, elle aurait été bien incapable de les rejeter. C'était ce qui constituait Shea, si une pièce manquait ce ne serait plus elle, Alex pouvait donc se faire à ces détails incompréhensibles. Sa réflexion se retrouva brisée par la brosse légère sur sa main. Son instinct fut le premier à réagir et elle se retrouva à arrêter la fuite de la brune en serrant doucement ses doigts autour des siens. Elle aurait voulu faire plus, entrelacer leurs phalanges, mais elle craignait de la voir faire une nouvelle tentative pour partir si elle faisait preuve d'une telle tendresse.

« Arrête de gigoter comme ça. »

Alex grogna plus qu'elle ne parla. Elle coinça ensuite sa cigarette entre ses lèvres et à l'aide sa main libre – assez maladroitement aussi - elle drapa un morceau de sa couverture sur les épaules de Shea.

« Faut pas que tu te refroidisses trop vite. C'est pas bon pour les muscles. »

Ils avaient bons dos, les muscles...
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Message(#) Sujet: Re: Here by my side, you are destruction [Alex] Dim 2 Aoû - 13:01

Péniblement accablée par le regard soutenu d’Alex sur ses moindres faits et gestes, Shea ressentait – au-delà du besoin d’exercice – la nécessité de lui échapper, d’échapper à son regard noir et or qui l’avait dès le départ installée dans une position inconfortable. « Tu t'épuises pour rien. Et puis t'entraîner pour quoi ? » Le desert avait pris une maléfique couleur de cendre. Elle voulait se convaincre, plus que convaincre ses compagnons qu’il s’agissait du meilleur moyen de durer, et, si ingrate soit la vie, cette perspective avait toujours plus d'attrait que ces signaux de détresse dont ils dépendaient tant et que tout le monde essayait de faire passer. Il lui fallut aussi se persuader qu'en prenant l'initiative de retrouver son professeur et sa famille, Shea avait rendu sa survie inévitable, mieux encore : nécessaire, ce qui la différenciait des autres qui, malgré leur serment à la vie, semblaient perdre l'énergie du désir de victoire. Ironie et hypocrisie puisqu'elle se souvenait bien malgré elle avoir porté contre ses tempes quelques semaines encore auparavant le canon de son pistolet. Seule Alex était possiblement dans le même cas qu’elle. Néanmoins, Shea ne lui accordait toujours pas sa confiance, et leur principal sujet de discorde concernait les trajets à emprunter, et plus particulièrement l’issue finale de leur périple pour la survie. L'ancien professeur d’Histoire, tout comme probablement ses parents, devaient attendre le retour de Shea en Angleterre. Alex elle, obsédait sur sa vendetta personnelle ou ne pensait qu’à rejoindre Babylone qui, selon elle, était assez sûr pour tout reconstruire. Alex perdait son sang froid face à la soi-disant stupidité de Shea. L’anglaise abandonna alors l’idée de la raisonner sur les raisons de son exercice matinal car elle connaissait déjà l’issue du débat. Elle essayait de sourire mais ses yeux étaient rivés bêtement sur ses pieds, elle pensait à l’hiver, au Nord et aux pillards, aux animaux, à la faim qui la tenaillerait, au fait qu’elle allait sans doute mourir inutilement si ses capacités athlétiques l'abandonnaient. Alex s’était rapprochée furtivement, avait retenu sa main si étroitement que le coeur de Shea eut un léger raté. Elle ne l’avait pas anticipée, et ne l’avait pas entendue grogner et contester son énergie. Il y avait longtemps qu’elles n’avaient pas été enlacées, et elle lui était un peu étrangère. Le rythme de son coeur s’accéléra alors qu’elle réclamait secrètement l’issue d’une éventuelle étreinte qui deviendrait inévitable. Elle accueilli sur elle la couverture d’Alex et resta un moment indécise, soucieuse de vouloir lui otter la cigarette qu'elle portait à ses lèvres. Luttant aussi pour ne pas river ses yeux sur le tee-shirt noir abîmé d'Alex, Shea comptait intérieurement tous les endroits de sa peau qu'elle aurait potentiellement aimé embrasser. Elle chassait cette idée comme elle essayait de chasser la culpabilité qui la terrassait à chaque fois qu’elle avait embrassé Alex. Comment pouvait-elle se permettre un tel luxe alors que le monde était plongé dans une hécatombe sans précédent. Ces baisers, ces caresses, qui remettaient en question les principes auxquels s’était attaché l’anglaise. C’était le désespoir qui l’avait conduite à tant d’imprudence, et elle savait qu’elle ne devait pas recommencer. Quoi qu’il arrive. L’anglaise observa l’horizon devant elle alors qu’elle considérait toutes les options, le visage plus stoïque que jamais. Mâchoire ferme, sourcils froncés, Shea ne pouvait se résoudre à parler maintenant, mais malgré elle, soutint la conversation, pas vraiment convaincue par ses propres mots, évitant encore à tout prix ce regard noir décourageant : « Laisse-moi... »

Jayden et Victoria étaient réveillés. Shea était toujours assise dans le sable, avait dénoué ses doigts de ceux d'Alex et faisait silencieusement l’inventaire du contenu de son sac-à-dos. Les parents de la petite étaient en pleine dispute quelques mètres plus loin et malgré tout l’effort qu’ils employaient à ne pas se faire entendre, l’enfant était bien trop intelligente à son âge pour ne pas comprendre que ses parents étaient tourmentés. Au bout d’un instant, Shea s’aperçu que la petite pleurait. Shea abandonna son sac, se leva et la conduisit un peu plus loin, à l’intérieur de la tente de fortune dressée en cas de forte chaleur et lui lava les cheveux du mieux qu’elle pouvait puis, enfin, le visage. Pauvre enfant, se dit-elle. Je suis presque en train de lui laver les cheveux pour enlever les restes de la cervelle d’un mort. Shea brossait les cheveux de la petite. Elle la regardait stoïque mais n'y était pas vraiment. Jamais elle n'aurait d'enfants, pas dans ce monde la. Elle n'en voulait de toute façon pas. Puis elle l’enveloppa dans la couverture et la porta près de l’entrée. Elle en profita pour se défaire à son tour des vêtements humides et couverts de poussière qu’elle utilisait pour courir, puis palpa le muscle de son bras nu et endolori par les journées passées derrières ses jumelles ou contre le viseur du sniper. Le regard de la petite était absent ou perdu à l’horizon. « Tu sais les grandes personnes disent souvent l’inverse de ce qu’ils pensent vraiment… » murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour rassurer la petite alors qu’elle vérifiait pudiquement que son corps abîmé était bien amputé du regard de ses compagnons. Elle se rafraichissait à l’aide d’un linge mouillé, le tout dans l’eau la moins souillée possible. Elle saisit deux pommes noircies et ramollies, surement farineuses et tendit la plus belle à la petite avant de retrouver sa place à l’extérieur. Le temps semblait s’écouler lentement. Les mariés parlaient désormais à voix basse, et paradaient en silence. Etait-ce du à la fin de leur dispute ou au vide intérieur laissé par la destruction du monde? Shea s’était éloignée de quelques pas, cambrée, plus haut sur une arête et inspectait à la jumelle de son sniper l’étendue du désert au-dessous, à l’opposée du panneau qu’elle avait croisé quelques minutes plus tôt. La forme figée d’un mirage immobile. Les sombres silhouettes des arbres carbonisés depuis des années. Des rochers. Aucune fumée. Aucun signe de vie. Elle abaissa l'arme, sans cesser de regarder. « Qu’est-ce que tu vois? » avait demandé Jayden. « Rien. » « Je vois un terre-plein. Derrière la pente là-bas. » Shea fronça les sourcils, redressa son fusil mais avait trop mal pour le brandir assez longtemps et distinguer ce que Jayden apercevait dans ses jumelles, et puis elle tremblait. « Je crois qu’on devrait aller y jeter un coup d’oeil. Seulement il faut être prudents. Si ce sont des bandits ils auront dressé des barricades. Mais ce ne sont peut-être que des réfugiés. » « Et si ce sont des bandits? » « Il faut prendre le risque. Il faut qu’on trouve quelque chose à manger. » Elle s’était finalement tournée furtivement vers Alex, incapable de se retenir davantage, puis vers Logan qui s'était réveillé à son tour, soupira longuement, et s’en retourna vers son sac-à-dos près des braises.



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Message(#) Sujet: Re: Here by my side, you are destruction [Alex]

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