Partagez | .
 
S.H ☠ pull apart the darkness while i can
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


› backpack :
› santé :
70/100  (70/100)
› disponibilité en RP :

Voir le profil de l'utilisateur

avatar


HIGH LADY OF THE NIGHT COURT

› signaux envoyés : 557
› butin : 487
› âge : 24 ans
› localisation : terres désolées
› statut : #onchangedesujet


Message(#) Sujet: S.H ☠ pull apart the darkness while i can Mar 26 Mai - 14:10


Shea Harrington
Heavy lies the crown


PERSONNAGE

Age › 24 ans. Lieu de naissance › Hoddesdon, comté de Hertfordshire, Royaume-Uni. Nationalité › Anglaise. Famille › Aristocrate assez conservatrice, mère diplomate, père médecin, tous deux restés au pays. Sans nouvelle de la soeur. Statut amoureux › Petit ami disparu, asexuée (à une personne près) depuis les évènements, relationnel compliqué.  Occupation › Etudiante en histoire antique, spécialiste de la période hellénistique. Groupe › Freedom's hope.
RPLAYER

Pseudo › lara. Age › 24 ans, c'est l'une des rares choses que j'ai en commun avec Shea. Multicomptes › Non et j'essaie de résister à l'idée qui voudrait germer en moi. Comment avez-vous connu le forum › Huhuhu. Crédits pour la fiche › Tumblr, always Tumblr. Disponibilités › Quasi quotidienne.

ACTE I › INNOCENCE IS LOST

I can hold my breath, I can stay awake for days, I can fake a smile, I can force a laugh, I can do it. But I'm only human, and I bleed when I fall down. I'm only human, and I crash and I break down. I can turn it on, be a good machine. I can hold the weight of worlds, I'll get through it. But I'm only human and I bleed when I fall down. Shea Harrington, née un soir d'octobre, d’une famille pour le moins aisée, voire aristocrate non-assumée au lourd accent britannique, le « received pronunciation » que Shea semblait presque quand même vouloir dissimuler. La voie dans laquelle elle se plongea ne fut pas un hasard, mais la conséquence nécessaire d'une suite de choix ; enfant on lui avait enseigné les fondements glorieux de l'histoire de la grande famille. On l'avait éclairée et conditionnée à cette vie qui était la mère de tous les Harrington avant elle. Son père y avait longtemps régné, sur l'Histoire, sur l'écriture des civilisations perdues, après s'être fait destituer d'une passion qui le rongea durant toutes ces années d'internat en médecine mais qu’il finit néanmoins par occulter de sa mémoire. Et, sa mère, à Shea, n'avait pu que l’accompagner dans cet accomplissement, et se fit grande diplomate anglaise. C'était désormais à son tour, à la fille – qui n’eut que ses poupées à qui communiquer ses passions tues – de figer son avenir sur du concret, sur l'avenir, la promesse d'évolution, et inhiber cette obsession du passé. Ensuite, à tout âge, elle avait été attirée par toutes les beautés que la figure aristocrate permettait d'accumuler dans les pièces à vivre : beauté artistique, beauté littéraire, beauté architecturale, beauté naturelle, beauté des mondes éteints. Erudits, esthètes, écoles rhétorique et de philosophie, tout avait successivement été son plus grand désir d'avenir, et surtout, différaient de l’héritage élitique que les Harrington se devaient de faire perdurer. L'art et l'histoire avaient été incontournables à ses yeux, elle se voulait descendante des Hypatie, des Gertrude Bell, des Atalante, et peu importait la force avec laquelle ses grands-parents l'en dissuadait. Puis ces disciplines s'imposèrent comme une évidence, car elle avait toujours vu dans cette existence un mode de vie privilégié. Mais ensuite, elle les avaient associé à ses détracteurs, et leur image s'était quelque peu assombrie. Les parents s'y étaient mêlés, masquant les œuvres de ses modèles de leurs discours pessimistes et décisions individualistes. En vieillissant, elle devint sensible à des détails d'architecture qui autrefois lui échappaient. Plus le monde s'enrichissait, plus se multipliaient les tâches qui la sollicitaient, et elle prit finalement la décision, contre l'avisement parental, de s'inscrire en première année d'Histoire pour se spécialiser – quelques années de travail nocturne, de journée en tête à tête avec ses livres poussiéreux et son logiciel de traitement de texte, plus tard – en Histoire Antique, avec une mention spéciale pour l'époque Hellénistique. Ses migraines signaient son acharnement à suivre sa passion, car il lui semblait rechercher dans ces années-là quelque chose qui manquait à son présent. Elle connaissait son sujet à merveille, lisait beaucoup, gagnait en conséquence, étudiait énormément. Ses yeux verts-noisettes, ou bien verts cendrés, éclairaient un long visage blême, pétri d’intelligence et abîmé par la route et ses obstacles. D’un naturel très curieux et cultivé, pour elle le savoir était une arme redoutable, et elle ne supportait pas de rester dans l'ignorance. Avec ça, une vivacité à toute épreuve, une bonne dose de curiosité, et une détermination effrayante qui provenait depuis ses entrailles et ponctuait tout semblant de raison. C’était d’ailleurs prodigieux car elle était souvent la plus raisonnable de tous mais la plus timide, ce qui lui conféra immédiatement la place de leader dans les groupes, mais elle se plaçait systématiquement en retrait. Depuis toujours, Shea s’était promis à un destin exceptionnel. Elle avait effrayé les autres, ses camarades de classe à l’école élémentaire, puis à l'Université, tant par son intelligence que par son asocialité. Elle dégoûtait les uns, fascinait les autres, et était souvent sujette à discussion lorsqu’elle passait ses nuits à écrire, à lire et relire les notes des livres empruntés à la bibliothèque, à faire des recherches. Seul Noah, un étudiant en sciences humaines, de deux ans son aîné et qui s’était doté de la lourde tache d’essayer de la comprendre et de lui donner sa chance. L’évidence était là, si elle était avec lui, c’est qu’elle savait, au-delà de tous les principes qu’elle s’était jurée de suivre, qu’il pouvait lui apporter quelque chose et qu’elle s’était doté d’un objectif hors du commun à poursuivre. Elle s’était acharnée à faire quelque chose de sa vie et, elle en avait été persuadée : elle réussirait. Elle était souvent seule, ses parents n’était plus présents pour alourdir le poids du porte-monnaie. Elle n’avait jamais fait un pas de travers, et l’héritage intègre conservateur de sa famille disparaissait au fil des jours. Mais en vérité, elle redoutait la solitude beaucoup plus qu’elle n’y aspirait, et comblait ses lacunes sociales en fréquentant Noah. Mais Noah avait disparu. Un nuage sombre et lourd s’étendait sur tout le ciel, de la frontière ouest jusqu’à la jungle tropicale, au sud-est du pays. Un silence de mort régnait sur les dunes. Il était indéniable qu’un fléaux s’était étendu dans les rues, sur les pavées, et les grands boulevards, la veille au soir que le lever du jour n’avait pu chasser. Les rayons du soleil ne perçaient pas l’amas en suspension au dessus d’eux et qui assombrissait l'automne. Le système électrique s’était effondré, et l’étendue de la casse n’était imaginable que pour ceux qui, comme Shea et ses compagnons, déambulaient en silence entre les voitures, les cadavres et les bornes d’incendie d'où les réservoirs d’eau s’échappaient. L’obscurité de la lune invisible. Les nuits étaient largement plus noires à présent. Le jour le soleil banni tournait autour de la terre comme une mère en deuil tenant un cierge. Le moindre bruit suspect les contraignait à se figer derrière un arrêt de bus, un muret, la portière d’une automobile.  Shea dégainait  sa boussole : ils étaient en direction de l’est comme ils l’avaient convenus, et ses yeux étourdis se retournèrent sur le verso de son instrument pour y lire l’heure ; voilà trois heures qu’ils étaient partis, et d’une minute à l’autre, ils allaient quitter monde qu’elle avait tant aimé.


ACTE II › MY HOPE IS BLOOD ON BROKEN GLASS

My hope is blood on broken glass. A shattered hole, a scattered past. And I can't wake up cause the darkness won't let go, and I can't wake up cause the darkness is taking hold. There are angels and demons at war inside my chest. The good and the evil are fighting to possess, and I can't stand up as the ground shakes underneath. And I can't stand up as the earth gives under me. Everything is lost, and this nightmare's closing in. Everything is lost, there's a sorrow beneath my skin. This is the end... of me. Dans les premiers mois les routes étaient peuplées de fugitifs ou de survivants qui disparaissant sous leurs habits. Portant des masques et traînant derrière eux des caddies, en guenilles, assis au bord de la route comme des réfugiés en détresse. Shea aussi s’était inventé une peinture de guerre. Leurs brouettes encombrées de tout un bric-à-brac. Remorquant des charrettes ou des valises. Leurs yeux luisant dans leurs crânes. Coquilles sans foi de créatures marchant en titubant sur les levées le long des marais tels des vagabonds sur une terre en délire. La fragilité de tout enfin révélée. D’anciennes et troublantes questions se dissolvant dans le néant et dans la nuit. L’ultime expression d’une chose emporte avec elle la catégorie. Éteint la lumière et disparaît. Regarde autour de toi. C’est long. Shea et ses compagnons traversaient les ruines d’une station touristique et prenaient la route du sud, vers le désert. Des forêt incendiées sur des kilomètres au flanc des pentes et de la neige plus tôt qu’elle n’aurait pensé. Aucune empreinte sur la route, rien de vivant nulle part. Les bloc erratiques noircis par le feu semblables à des formes d’ours sur les pentes couvertes de bois dénudés. Tard dans l’année – ils savaient à peine quel mois de la saison – ils pensaient avoir assez de nourriture pour traverser les montages et les quitter, enfin. Mais il n’y avait pas moyen de le dire. Le col à la ligne de partage des eaux était à plus de deux miles mètres d’altitude et il allait faire très froid. Shea disait qu’il fallait à tout prix atteindre la côte, pourtant ils se dirigeaient toujours à l’aveugle dans la neige. Et quand ils se réveillaient la nuit, elle savait que ses mots étaient vides et sans substance. Qu’il y avait une bonne chance qu’ils meurent dans les montagnes et que ce serait terminé. Il faisait de plus en plus froid. Rien ne bougeait sur ces hautes terres. Une forte odeur de fumée de bois restait suspendue au-dessus de la route. Quelques kilomètres chaque jour. Shea ne savait pas du tout à quelle distance ils pouvaient être de la côte sud de Nomansland. Ils mangeaient chichement et ils avaient constamment faim. Un jour ils tombèrent sur une survivante, seule et affamée, elle aurait tué Shea si ses compagnons ne s’étaient pas interposés. Alex, avait à peu près son âge, avait un regard exceptionnel, une couleur de peau exceptionnelle, salie et abimée par les événements. Une fugitive, probablement, l’une des rares rescapées de la destruction massive des peuples métisses par les nazis. Son visage et sa main étaient parsemés de blessures hétérogènes, mais son bras surtout, paraissait en mauvais état. Et pourtant, pas une once d’hésitation, même lorsque Shea décida de lui attacher les mains contre un tuyau d’eau, pas un tremblement ne semblait trahir Alex. Et sous le regard désapprobateur de ses compagnons, Shea lui offrit à manger, la soigna en prétextant : « Quand personne autour de moi n’est capable de se prendre en main, je suis bien obligée d’intervenir. Et si ça fait de moi quelqu’un de condescendant ou de détestable, alors tant pis ! ». Les yeux de son assaillante rencontrèrent alors les siens : une telle intensité dans le regard, une telle opacité, accentuée par du maquillage noir. Elle était démunie, mais souriait volontiers. La maison s'empoussiérait, la nourriture tarissait, Shea s'épuisait et s'étirait comme si elle n'avait plus l'énergie d'en finir. Encore quelques bavardages calculés et furtifs, et bientôt l'accent d'Oxford et ses suiveurs ne seront qu'un souvenir, devait penser la prisonnière italienne. La corde liant les poignets d’Alex endolorissait ses nerfs et ses doigts, mais la discipline affichée par ses assaillants la poussait à ressentir une certaine sympathie. Alex, on ne pouvait l’imaginer autrement que comme un félin aux aguets : immobile, figée, laissant germer en elle la colère, et attendant simplement son heure et sa proie. « Ne veux-tu pas autre chose que de passer le reste de ta vie à errer sans fin, sans but? Babylone c’est notre chance à tous… si on espère la survive de l’humanité. Pense à ça. Si l’espèce humaine s’éteint avec nous, avec les autres, tout ce qu’auront écrit les civilisations anciennes n’auront servi à rien, et il n’y aura plus personne pour les lires après toi. » Cet émouvant regard évoquait l'immense tristesse d’Alex, contraint par le régime nazi de quitter un pays natal de rêve pour l’enfer de la pandémie, et Shea céda. Ils allaient passer par Babylone, et Alex allait les aider.


ACTE III › I'M SICK AND TIRED OF BEING AFRAID

Take my hand and lead the way out of the darkness and into the light of the day. And take me somewhere I'll be safe, carry my lifeless body away from the pain. And I know that I should try, but there's hope in this admission, and there's freedom in your eyes. And we cry away. I'm sick and tired of being afraid, but when I hear you call my name, I whisper the word that I never thought I'd ever say, and you'll keep me safe from harm. Because I found what I was missing when I fell into your arms. I can feel the darkness coming and I'm afraid of myself. Call my name and I'll come running, because I just need some help. Longs trajets dans le désert, dans les contrées manifestement brulées par l’homme et une sécheresse qui n’en finissait pas. Tour à tour, ils éprouvaient le malaise qui les poussaient à s’arrêter, affamés, décharnés, réduits à creuser la terre pour un peu d’humidité. Ils découvraient les conditions dans lesquelles avaient vécues des communautés bien avant la pandémie : dans l’impuissance et le désespoir. Et lorsque le sommeil les guettait, des bruits soudains et incessants les rappelaient à la vie. Elle se réveilla en toussant et partit plus loin pour ne pas réveiller les autres. Longeant le chemin de pierre dans le noir, enveloppée dans sa couverture, agenouillée dans les cendres comme une pénitence. Elle toussa jusqu’à ce qu’elle sente le goût du sang. Consciente de la fragilité de toute vie et de l’impermanence de l’existence, le revolver à la main, elle se souvenait des centaines de nuits qu’elle avait passé à analyser le pour et le contre de l’autodestruction avec le sérieux de philosophes enchaînés au mur d’un asile d’aliénés. Quelque chose l’extirpa de ses larmes, elle s’était tournée sur le côté et écoutait. Elle releva lentement la tête, le revolver dans la main. Elle baissa les yeux vers leurs campement un peu plus bas de la colline et lorsqu’elle regarda de nouveau devant elle, un Prototype rampait en sa direction. Elle étendit le bras et secoua son pistolet, les yeux toujours fixés devant elle. Le Prototype s’approchait en traînant des pieds dans la crasse, secouant d’un côté puis de l’autre sa tête croupie. Elle empoigna l’unique balle et l’inséra dans son revolver. Lui, ou elle… Elle? Ou lui? Un cri pétrifié s’éleva derrière elle. Chut, chuchota-t-elle, mais Alex courrait déjà en sa direction. Shea avait armé le revolver et le pointait sur sa propre tempe, se gonflant et se dégonflant à chaque respiration. Au dernier moment, elle tira sa seule balle au milieu du front du Prototype qui tomba à terre et ne se releva plus. Shea aussi était tombée, éclata d’un vif sanglot lorsqu’Alex arriva à son chevet. « Viens, dit-elle. Ca va aller… » Elle saisit Shea contre elle et restèrent accroupie au pied du remblai, hors d’haleine. La main contre le visage de Shea, Alex entendit sa respiration se calmer, puis seulement le silence. Elle avait le revolver à la main, et ne se souvenait pas de l’avoir arraché des mains de l’Anglaise. Peinant et tremblante de tout son être, Shea se laissait conduire à l’intérieur de la tente. Alex n’avait sans doute pas d’autre moyen de la calmer que de l’allonger sur le lit improvisé. Au bout de quelques minutes, Shea soubresauta et se retourna brusquement. Elle leva la tête pour regarder Alex et à travers leur regard leurs cœurs s’alarmèrent dans leurs poitrines, accompagnant un regard à la fois avide et désemparé. Elle était immobile, le souffle coupé. Shea n'éprouva d'abord qu'une immense stupeur : d'après le comportement qu'elles avaient eu l'une envers l'autre jusqu'ici, elle les avait considérées comme des êtres antithétiques, incompatibles en quelque sorte. Puis elle se sentit submergée par une immense vague d'émotion, quelque chose d'inconnu, qui venait de très loin en elle. Était-elle attirée, rebutée? Elle n'en savait rien. Elle savait seulement qu'elle était chavirée. Quelque chose qu'elle ignorait encore, mais qui la concernait déjà. Qu'elle partageait malgré elle. Lorsqu'elle se trouva face à elle, leurs yeux se rencontrèrent, se frôlèrent, comme leurs deux mains, violemment entrelacées, et comme l'ardeur qui battait dans ses tempes et la faisait renoncer à tous soupçons qui lui restait vis-à-vis d’Alex. Elles se figèrent. Le prénom d'Alex s'envolait doucement, finissait par se perdre dans l'atmosphère, mais plus lentement que tous les autres mots, tous les autres prénoms, beaucoup plus lentement que la souffrance qu'elle avait en tête. Son prénom de nouveau, puis, d'un seul coup, elle se jeta contre elle. Elle pressait son corps contre le sien, et sa bouche était sienne, elle lui appartenait, inconditionnellement. Elle ne réfléchissait plus, et c'était un tel soulagement qu'il en devenait presque douloureux. Elle ne la regardait plus, elle se contentait de reprendre souffle, et de rechercher ses lèvres. Il n'y avait plus d'hésitation possible, la tension avait demandé à être assouvie depuis trop longtemps. Dès lors, elles dormaient souvent l’unecontre l’autre sous leurs couettes fétides dans l’obscurité et le froid. Alex serrait Shea contre elle. Si frêle, si fragile. Mon coeur, pensait Shea. Mon cœur. Mais elle savait que même si elle se laissait aller à avouer ses sentiments, les choses pouvaient être pires. Qu’Alex était tout ce qu’il y avait entre elle et la mort.


ACTE IV › STRONG IS THE NEW PRETTY

When she was young, they gave her a gun, and said shoot and run, it's a job well done. A little too soon she put it to the test. She doesn't know much, but she knows this. Life's too short not to take risks Oh, she steals herself, she doesn't give a fuck, she pulls the trigger and lifts it up. Happy hunter, ripe fresh kill, on to the next one, gotta chase the thrill. Alex était assise et fumait une mince cigarette séchée comme si ç’avait été un havane de luxe, le corps inerte du bandit à ses pieds, le revolver encore fumant dans ses mains. Le tenant avec une certaine élégance, son autre main serrée sur ses genoux, elle observait Shea à travers la fumée, se leva et essuya le sang de son visage. « En quoi es-tu différente des Nazis exterminateurs? Explique-moi. » s’emporta l’anglaise. « Parce que je n’ai aucune idéologie politique derrière tout ça. » « Et c’est mieux? » Alex la gifla. Shea voyait Alex de plus en plus sous son vrai jour : un monstre. L’italienne continuait de s‘avancer dangereusement, et allait sans doute lui faire remarquer son manque de discernement, son injustice et son manque de compassion vis-à-vis de ce qu’elle aurait enduré toute sa vie sous le Reich. Mais à la place, et contre toute attente, elle susurra: « Mais vas-y, je t’en prie, rappelle-moi à quel point tu préfèrerais mourir seule plutôt que d’être coincée ici avec moi. » La conscience de Shea s’éveilla, mais déjà la silhouette d’Alex s’éloignait. Elle voulait la retenir, elle allait mettre un genoux à terre et la supplier de rester. Le monde aurait été différent, Shea aurait été une amante acceptable. Elle lui aurait insuffler la vie et l’aurait flatté avec des mots d’amour. Elle lui aurait offert la moindre miette, et l’aurait protéger du mal avec son corps. En ce qui la concernait, son seul espoir était l’éternel néant, et elle l’espérait de tout son coeur.
Ils dévoraient les boites de conserve et tassaient le feu contre le filon rocheux au pied duquel Jayden l’avait préparé tandis qu’Alex accrochait la bâche derrière eux pour qu’elle leur renvoie la chaleur. Ils restèrent assis au chaud dans leur refuge pendant que Logan racontait des histoires à la petite. L’enfant posait des questions sur le monde qui pour elle n’était même pas un souvenir. D’anciennes histoires de courage et de justice dont il se souvenait jusqu’à ce que la petite s’endorme dans ses couvertures, puis Shea attisa le feu et s’étendit au chaud, écouta le grondement sourd du désert autour d’eux, dans cet oasis sombre et nu. Echouée sur le bas-flanc, à moitié dehors, à moitié sous la tente, trop vibrante d’épuisement pour que le sommeil vienne, Shea regardait la bouteille de Whisky volée quelques heures plus tôt dans la ville fantôme avoisinante et qui suait à grosses gouttes. Elle était placée au bord du feu, sur une sorte d’autel et entourée de boites de conserve vides, comme un Dieu, et vénérée de tous. Elle voyait aussi les tuniques sales de ses compagnons dégorger dans la pénombre par ondes successives la charge de lumière reçue dans la journée. Elle s’apercevait que les visages ne ressemblaient plus à ceux qu’elle connaissait : avec leurs cicatrices, leurs marques noires et bordeaux, leurs faciès calcinés et leur air de bûche retirée du feu, ils étaient comme déjà morts. Shea n’aurait guère vu la ville de jour, juste assez pour lui trouver un air démoli, saccagé – comme à chaque cité qu’ils croisaient – que l’implacable lumière de midi donne à toutes les villes de Nomansland. Mais la nuit, oui. Il faisait chaud et elle s’installait. Une fois lavée et soignée, Shea se confina davantage sous la tente, laissait les autres vaquer à leurs occupations, danser, chasser deux ou trois Prototypes, revenir et faire du sur place pour lancer sur elle d’interminable regards d’inquiétude. Du temps passait, elle perdait le fil, et lorsqu’elle se retrouvait c’était pour voir Logan poursuivre à longues foulées Alex qui le mettait au défi, et ses mains palpiter comme des flammèches, folles de désir pour l’atteindre. Mais Alex ne jetait de regards qu’à Shea. Durant ces longs jours de souffrance, et parce qu’elle ne pouvait plus entendre sa voix ni se battre à ses côtés, Shea était devenue incapable d’aligner deux mots sur son journal. Mais elle était revenue, et toujours si décidée, à peine surprise par les circonstances les plus insolites. Et la nuit, Alex devenait belle ; son côté brûlant, cruel, déchu, brisé, faisait place à la douceur et à la plus grande tendresse. Et elle se rapprochait. Etendues sur les couvertures tièdes, elles buvaient sans mot dire, en se demandant si elles en verraient jamais la fin. Doigts cassés, plaies béantes, furtifs éclairs d’allumettes, trajectoires gracieuses et fatiguées des mégots d'Alex qui fusaient dans la terre, des étoiles, des étoiles, des étoiles assez claires pour dessiner les montagnes qui barraient l’horizon vers le nord… et peu à peu, la paix. Ils rentraient chacun leur tour sous leur tente, et Alex allait les suivre. « Alex. » Un seul mot la retint. Les flammes du feu étaient belles et entraînantes, la posture était belle, à cause de la souffrance renfermée dans chaque geste, mais Alex était plus belle encore. Ensuite, Shea s’intéressait au noir autour des yeux d’Alex, à son épaule découverte ou à ce petit muscle qui se contractait dans son bras lorsqu’elle le tendait pour soigner ses blessures. Aucune rancoeur dans les yeux de l'Italienne, aucune trace de cette colère qu'elle dirigeait depuis un moment vers Shea. Puis, à mesure que les nerfs se détendent et que l’alcool s’impose, lui venait ce désir insatisfait, cette envie d’adorer, d’engager son être tout entier, qui la prenait tout d’un coup et libérait, à une profondeur que d’ordinaire elle négligeait, un surcroît de vie violente qu’elle ne savait comment employer. S’il était encore question de remuer un membre, elle lui sauterait dessus. Bientôt le coeur – cette pompe à émotions – s’emballait ; elle le sentait taper plus largement, plus rapidement, fidèle sous les côtes, gros muscle qu’Alex avait fortifié. Dès que son anxiété s'apaisait et qu'elle oubliait ses souffrances, réelles ou imaginaires, on trouvait Shea forte. Les Prototypes, elle les avaient combattus assez longtemps pour les comprendre, et toute la rude saga de l’apocalypse mondiale passait à travers elle sans plus l’altérer. Elle ne revenait plus sur ses années d’innocence, et n’en rajoutait jamais, ignorait jusqu’à ce changement brutal opéré en elle.


Comment envisage-t-il(elle) la mort ›  Son ardeur, sa tempête avaient communément disparues, elle était davantage réfléchie, attentive. Son innocence fut tronquée pour une vie de douleur et de désespoir. Elle n’attendait plus de la vie que deux choses : la force de survivre assez longtemps et une mort sans douleur.
Réaction face à un Prototype › De manière général elle essaie de rester en retrait, en éclaireuse avec une arme de précision pour libérer le chemin, et éventuellement se servir de son couteau pour les achever. Mais le poids de la couronne, ainsi que ses capacités athlétiques ont fait d'elle l'élément indispensable pour la survie du groupe face à une horde ennemie, et il ne s'agit plus seulement d'ouvrir la voie. Ballottée chaque jour entre terreur et espoir fou, mais tenant tête obstinément à la fatalité, reconnaissant sa force mais lui opposant à chaque instant ce qu'elle avait de meilleur.
Plus grande crainte › Alex. Guetter, non seulement sur l'arrivée de Prototypes mais sur la violence de l'italienne, veiller, plusieurs semaines durant, parfois sans dormir du tout ; à l'affut. Nuits et jours épuisée en pleurs, heures rongées par la peur. L'angoisse sous toutes ses formes, la sourde et la subite, la violente et la souterraine, instants d'alarme, souvent de pur effroi.
Survivre seul ou ensemble › Ensemble. Car la survie est exigeante. Car la survie puise tout au fond de soi les secrets et les instincts les plus primitifs, vampirise les énergies mentales et corporelles. Et que contrairement à ce qu'elle aimerait bien croire, sans personne pour la garder sur le droit chemin, la survie la dévorerait toute entière.
Anecdote › On la trouvait souvent à déambuler dans les recoins d'Oxford, et l'on se demandait ce qu'elle fait, à quoi elle pensait. C'est aussi surement ses rêves éternels qui lui donnent cet air distrait, stoïque, désintéressé lorsqu'elle traverse une foule ou observe quelqu'un.
Alignement › Neutre bon, jusqu'à nouvel ordre. Ses principes moraux sont néanmoins discutables depuis quelques temps.
Spécialité › Armes de jet et de précision. Tir à l'arc, Sniper par défaut.
Environnement › Grande exploratrice et randonneuse durant ses années passées en Angleterre, elle parvient facilement à s'adapter à la forêt et à la montagne, le désert étant ce qu'elle redoute le plus. Pourtant, c'est la jungle qui lui sera le plus adapté, mais elle ne le sait pas encore.
Les débuts à Nomansland › Appelée sur une fouille archéologique par son professeur d'Histoire, elle se rendait à Alexandrie avec Jayden, l'assistant qu'elle connaissait bien, qui lui même était accompagné de sa femme et de sa petite de deux ans. Ils ne savaient pas que le voyage depuis l'Angleterre serait sans retour.




I drag myself out of nightmares each morning
and find there’s no relief in waking

Revenir en haut Aller en bas
 

S.H ☠ pull apart the darkness while i can

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
No Rest for the Wicked :: To tell the story :: Registration time :: Barely in-